Etre féministe avec trois grammes


I myself have never been able to find out precisely what feminism is:  I only know that people call me a feminist whenever I express sentiments that differentiate me from a door mat or a prostitute.  ~Rebecca West

Le féminisme c’est un peu le point Godwin de mes conversations en soirée. Je finis toujours par lâcher une petite considération sur les différences de genre relatives à tel ou tel phénomène. Et ce, quel que soit le sujet de départ : la campagne électorale, Ryan Gosling (forces, faiblesses, opportunités), les lolcats, les restos asiatiques à Paris (« LE meilleur bobun de Paris »), le chemisier hideux de ma directrice de service (non mais QUI porte encore des chemisiers à fleurs aujourd’hui ?), le jeu d’acteurs des politiques de l’habitat en quartiers sensibles, et bien sûr, mes deux grands thèmes préférés passée la deuxième pinte de bière : le caca et le sexe. Oui je passe beaucoup de temps à deviser sur la sociologie de mon cul, et je suis totalement incapable de parler de sexe sans geindre contre ces rôles et ces stéréotypes genrés qui nous sont assignés.

Il parait que je suis un peu « univariée » dans ma vision du monde (en 2012 j’ai décidé d’arrêter de fréquenter des gens qui utilisent des mots comme « univarié » et « intersectionnalité » après 22h). Mais je pense que la domination de genre est un phénomène multiforme et que c’est en politisant des champs qui relèvent d’habitude du privé et de l’intime qu’on la fera réellement éclater au grand jour. Oui oui.

Ce qui n’est pas une mince affaire. Car à peine lâché une vague remarque sur les stéréotypes de genre, vous vous exposez aux réactions suivantes :

  • « Ah parce que t’es féministe ? »

Cette phrase est en général prononcée par « un gentil garçon de gauche, très ouvert, qui sait faire cuire tout seul son riz et qui attend qu’on le congratule lorsqu’il y ajoute des oignons et de la tomate » (dixit Mademoiselle). Elle est très souvent suivie de petites blagues très sympathiques et pas du tout lourdes du style « Je te laisse payer ta conso /je te tiens pas la porte, je ne voudrais pas que tu t’énerves ».

  • « Ouais, Eve, elle est FEMINISTE »

Alors ça c’est la copine qui t’affiche avec emphase et jovialité, mais quand même à peu près sur le même ton qu’elle dirait : « Elle milite pour le parti maoïste végétarien» ou « elle fait sauter des trains par conviction évangéliste ». Cette phrase a pour but premier de lui permettre de se désolidariser de tout propos féministe que tu pourrais tenir par la suite.  

Selon le degré de progressisme de ladite copine, l’idée sous-jacente pourra plutôt être de l’ordre de « C’est certes une idée fort originale que d’être féministe, mais je suis une fille ouverte et je ne désapprouve pas : après tout pourquoi pas ? » (Haussement de sourcils sceptique) ou de « Moi je ne suis pas comme elle, j’aime les hommes » (battement de cils). Avec des infinies nuances entre les deux.

Vous savez, c’est la même copine qui va se sentir perpétuellement obligée d’accoler à toute déclaration vaguement revendicatrice en matière d’égalité hommes-femmes le très célèbre : « Je ne suis pas féministe ni rien, mais… ».

A ce moment là de la conversation et de ma consommation d’alcool, j’ai en général le sentiment d’être une sorcière débarquée tout droit du Mordor dans le but d’encourager les femmes à quitter leur copain/mari, assassiner leurs enfants, devenir lesbiennes et renverser le capitalisme.

Surtout, à ce moment de la soirée, l’ensemble des convives s’emploie généralement à  m’exposer son point de vue sur le féminisme. Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça fait partie des sujets sur lesquels TOUT LE MONDE a un avis (y a des jours où j’ai envie d’ouvrir un blog sur les politiques d’insertion par l’activité économique en milieu rural – ce serait moins fatiguant nerveusement).

Loi mathématique trop peu connue : dès lors que le nombre de participants à une soirée dépasse six personnes, et qu’elles se mettent à parler de féminisme, il y a une probabilité de 100% pour que quelqu’un dise: « Non mais moi je ne suis pas pour le féminisme, je suis pour l’égalité » (sous-entendu : parce que vous les féministes ce que vous voulez c’est la domination de la femme sur l’homme n’est ce pas ?). Quand je suis chanceuse, j’ai même droit au très fameux : « Non mais l’égalité, ça y est, vous l’avez ».

Mes aïeux ! (Je trouve qu’on n’utilise plus assez cette expression. « Mes aïeux », ça claque je trouve. Ou en moins laïque, "Jésus Marie Joseph" c’est bien aussi).

La difficulté consiste alors à contenir la crise de nerfs qui me guette et à rejeter la tentation d’aller éclater en sanglots hystériques dans les toilettes du bar.

The radical notion that women are people

C’est difficile de garder tout mon calme pour rappeler quelques constats de base sur le féminisme, « the radical notion that women are people » (Rebecca West). D’expliquer avec pédagogie que le féminisme n’est pas un machisme inversé : à part dans les cauchemars d’Eric Zemmour, les féministes se réunissent rarement en société secrète pour comploter et conquérir le monde tels les Minus et Cortex en jupette. Le féminisme ne cherche pas la « guerre des sexes », il ne lutte pas contre les hommes mais contre le patriarcat ; il ne cherche pas à donner aux femmes du pouvoir sur les hommes, mais sur elles-mêmes.

Quand je suis en forme, j’essaye même d’expliquer que d’ailleurs, les féministes tendent  à considérer de plus en plus les hommes comme des alliés dans leur combat: si la virilité aussi est une contrainte ; alors l’homme est l’avenir du féminisme.

C’est dingue comme c’est difficile de revendiquer l’étiquette féministe, alors même que les clichés sur les féministes sont toujours les mêmes et toujours aussi stupides : « une image d’animale enragée, de crieuse de marchés au service d’une cause obsolète, une suffragette qui s’est trompée d’époque, une de ces gonzesses qui ne porte pas de soutien-gorge et qui appelle cela la liberté, une de celles qui ne s’épile pas sous les bras pour dire qu’elle a le choix, une moche qui se console d’être seule en disant qu’elle est avant tout indépendante, une mal baisée qui veux émasculer les hommes à défaut de pouvoir les séduire », résume jesuisféministe.com

J’ai toujours été frappée de voir à quel point ces stéréotypes étaient répandus et ancrés, à quel point ils continuent à se perpétuer, parfois sur le mode de l’humour et parfois non, malgré leur caractère absurde et leur déconnexion totale de ce qu’est le mouvement féministe aujourd’hui.

Ce discours est très ancien, il n’a guère changé depuis les débuts de la propagande antiféministe apparue dès la fin du XIXe siècle. Il prend racine dans la peur de voir les frontières de genre brouillées par le féminisme. Fantasmer la féministe comme  dégénérée, dans sa sexualité et dans sa vie sociale, n’est-ce pas le moyen le plus violent de lui signifier qu’elle va à l’encontre de la norme sexuée, de la renvoyer à l’ « essence » féminine qu’elle transgresse ? Ce discours me semble loin d’être innocent, même lorsqu’il est prononcé sur le mode de l’humour (blaguez, blaguez, il en restera toujours quelque chose).

Pourquoi tant de haine ?

Si le combat féministe suscite autant de méfiance, de railleries et d’oppositions (regardez l’énergie dépensée ces derniers mois par les détracteurs de la disparition du « Mademoiselle »), je pense que c’est parce qu’il remet les individus en cause dans leurs choix, leurs modes de vie et leurs modes de pensée. Finalement, c’est un peu comme l’écologie : j’ai tendance à haïr les gens qui m’expliquent que c’est abusé de prendre l’avion pour faire Paris-Amsterdam pour un week-end. Même si je sais qu’ils ont raison (ou peut être justement parce que je sais qu’ils ont raison). Le féminisme débusque en chaque homme les formes les plus insidieuses de sexisme (paternalisme, machisme inconscient, hétéro normativité…), en chaque femme les marques de sa collaboration au système patriarcal – parce que oui, nous avons toutes au quotidien des attitudes de femmes soumises. Alors forcément, ça dérange, ça gratte les fesses, on préférerait tous se dire que les sexistes (et les pollueurs) ce sont les autres…

Les féministes, individuellement comme collectivement, sont hyper conscientes de ce phénomène ; elles savent que la charge de la preuve leur incombera perpétuellement. Elles connaissent par cœur les clichés et préjugés qui leur sont attachés et sont hantées par la peur de les renforcer.  Une large partie du boulot d’une féministe consiste à échapper aux caricatures et aux clichés.

Par exemple, dans ce genre de conversation à trois grammes, je m’efforce de ne jamais hausser le ton, même quand mon interlocuteur me coupe la parole ou devient agressif ; il risquerait d’en conclure que c’est bien ce qu’il pensait, les féministes sont des hystériques. Je m’impose d’avoir toujours de l’humour, même quand les blagues sont limite, même quand il n’y a franchement pas de quoi rire. Et je ne rends jamais les hommes responsables de la domination masculine : ne jamais incriminer les comportements individuels, toujours « le système patriarcal ».

Bref on a clairement la tentation de promouvoir un discours soft, consensuel, pour tenter de rendre le féminisme cool, léger et fun. C’est ce qu’on appelle le cupcake feminism ; un mouvement qui n’est pas sans ambigüités, comme le rappelait récemment cet article paru dans The Quietus :

« Why are ‘fat’, ‘ugly’, ‘gay’ or ‘never-been-fucked’ still the first insults sent whistling towards the trench? What is their supposed import? To cry ‘We’re not all like that!’ only lends power. Some of us are fat/ugly/gay, some of us aren’t. So ? Really, though, so what?

(…)Feminism can and should be fun and frivolous sometimes – otherwise the struggle can be exhausting. But let’s bring our riot grrrls back, too. Let’s bring our battle scars and our Xerox-stained fingers and our humourless academics into the picture. We’re too big to be branded. No slogans, no gimmicks: just compassion, respect, and freedom of choice for all women. The product should sell itself”.  (Article integral Who’s afraid of cupcake feminism – à lire ici)

40 responses to “Etre féministe avec trois grammes”

  1. nhetic says :

    Très bon billet, que je me permets de partager ;-)

  2. Antoine L says :

    Respect, Eve
    pour tous les jours et pour cet article, sympa, bien écrit et inspiré.
    Sur le fond, pourquoi ne pas demander aux hommes et femmes en question pourquoi illes et els (pas pu m’empêcher) ne sont pas féministes plutôt que l’inverse, pourquoi tu l’es ?
    Finalement, beaucoup de gens et plus encore quand on est bien pensant, se disent ou diraient antiracistes, anticolonialistes, anti antisémites, anti fonte des glaces …

    Question pour le coup. Si être homme ou femme n’est certainement pas une essence, peut être un choix et très certainement une construction individuelle et collective et que donc il est hasardeux de réduire une personne à son sexe, biologique ou non, qu’en est-il alors du qualificatif de féministe.

    Plus précisément, peut-on réduire quelqu’un à son engagement de féministe ou est-ce envisageable de poursuivre la soirée en parlant de chats, de dette publique ou de musique suédoise perchée ?

  3. lauremardoc says :

    "Mais je pense que la domination de genre est un phénomène multiforme et que c’est en politisant des champs qui relèvent d’habitude du privé et de l’intime qu’on la fera réellement éclater au grand jour. Oui oui." Je dirais même OH OUI !!

    Merci pour "la sorcière débarquée tout droit du Mordor" qui conduit à la page Wiki des Gouines Rouges !! Je me disais bien que je ne faisais pas partie de ce monde, je sais maintenant d’où je viens : Born in The Mordor !! :) (le Born n’a pas un sens essentialiste ici).

    Je suis trop triste de ne plus pouvoir utilisé le mot "intersectionnalité" après 22h… Je dirais même plus: "Hey Mamie, 22h c’est une heure de poule élevée en batterie, avec une telle interdiction y a certains soirs où tu devras te dire à toi-même de la fermer… Dur !"

    PS: Outre "mes aïeux" et "Jésus Marie Joseph", il y a aussi "doux Jésus", très désuet mais so fun !

  4. trompesdefallope says :

    Tellement solidaire de ce billet… ces moments où l’on hésite, "je l’ouvre, je l’ouvre pas…?", où l’on anticipe les yeux qui vont se lever au ciel… Avec trois grammes, moi j’ai tendance à me mettre en mode automatique et à débattre de façon beaucoup plus désinhibée.

  5. Nenouko says :

    Ce billet, j’aurais pu l’écrire moi-même. Tout ce que tu décris, ce sont des situations courantes pour moi. Je suis ravie de découvrir ton blog, très bien écrit et documenté. Ça fait tellement plaisir de voir qu’on partage ça avec d’autres personnes! Car il y a vraiment des moments où je commence à désespérer sérieusement. Surtout quand même des personnes ayant des parcours censés étudier les questions de la construction du genre – sociologues, etc. – ont des réflexions du type : "Nous assistons désormais à une féminisation des sociétés occidentales, de leurs valeurs". Cela me laisse sans voix. Déjà, ça ne veut rien dire. En plus, on peut sérieusement se demander si ces personnes ont vraiment pris la peine de regarder les recherches et chiffres existants (emploi, rémunération, tâches domestiques et éducationnelles, agressions, violence symbolique, j’en passe et des meilleures)? Sans pour autant entrer dans une logique victimaire, la réalité se pose là, pour peu qu’on s’y intéresse.
    Voilà maintenant des années que je travaille sur le genre, en continuant perpétuellement à l’ouvrir dès lors qu’il me semble nécessaire de le faire, quitte à passer pour la relou de service (impression relativement fréquente malheureusement!) et tout en adoptant plus ou moins le comportement que tu décris (humour, calme, écoute, etc.). Sauf que même ça, ça commence à me rendre dingue! Comme s’il fallait justifier à tout prix que les féministes sont forcément des gens mesurés et comme il faut. Et bien non, il y en a de tous les styles, de tous les caractères, de toutes les couleurs, comme il y a plusieurs types d’individus en somme.
    Françoise Giroud a dit que l’"égalité" hommes-femmes sera véritablement atteinte le jour où il y aura aussi des femmes incompétentes à des postes clés. A quand ressentirons-nous le droit d’avoir mauvais caractère tout en étant féministes? C’est peut-être ça, le prochain pas..?

  6. Nicolas says :

    Je ne suis pas du tout d’accord avec ce billet. Tout ce que tu décris du féminisme l’est en théorie… sauf que, quand on voit la réalité, ce dont tu parles relèvent du mythe.

    Ou alors, c’est peut être le fait parce que celles qui se font le plus entendre, celles dont tout le monde entend parler et voit (à la télé, journaux…) font parties de celles que tu (ou "on") mets dans le groupe des "hystériques".

    Si l’on prend des assos comme "La barbe", c’est remplis de ces femmes haineuses qui sont féministes comme les hommes qui sont machistes. Ce sont des femmes qui se battent pour la supériorité féminines… qui sont emplies de préjugés et avec des idées reçues pathétiques comme quoi dans tout homme se cache un potentiel violeur ou un homme violent. Et j’en passe et d’autres.

    Pour ma part, je ne suis pas pour l’égalité… c’est stupide l’égalité car ça engendre des situations ubuesques avec des concepts débilitants comme la discrimination positive (qui ne fait qu’entrainer ressentiments et rancoeur et ne résouds aucun des soucis). On ne fait pas changer des mentalités avec des quotas.
    Non les femmes ne sont pas l’égales des hommes… elles ne sont ni meilleures, ni plus mauvaises… elles sont différentes.

    Je terminerai par le fait que je trouve le féminisme glauque. Il ne faut pas se battre pour un sexe précis… il faut se battre pour tout le monde… pour qu’il y ait de moins en moins d’inégalités de traitement et que le moins de personnes soient laisées. De ce que je constate, c’est un retour de la misandrie dans nos sociétés….
    J’entend beaucoup de femmes se plaindrent des différences de salaires hommes-femmes… pourtant, je n’entends plus aucune féministes pour s’alarmer et s’émouvoir du fait que lors des divorces, dans nos sociétés modernes, la garde des enfants est à plus de 70% confiée à la mère et que la justice préfère donner la garde à une mauvaise mère plutot qu’au père. Je ne vois pas de féministes être révoltée du fait qu’il n’y a aucun dispositif pour reconnaitre les hommes battus ou harcelés… alors qu’ils sont légions pour les femmes et voire exclusivement réservées à elles. Etc etc etc.

    Alors je n’hésite pas à le dire haut et fort… féministes, au lieu de vous battre égoistement pour vos petits droits personnels, au lieu de vous battre pour des stupidités comme "Mademoiselle"… battez vous pour de vrais causes. Luttez contre toutes les formes de sexismes.

    • Aurélie says :

      Des plus calé-e-s que moi en féminisme te répondront sûrement, mais dans le peu que j’ai pu lire sur le sujet, j’ai vu passer des revendications pour l’égalité homme-femme dans la garde des enfants suite à une séparation, pour l’égalité de durée du congé m-p-aternité par exemple…

    • Daria says :

      Se battre pour obtenir une rémunération égale à poste égal, c’est inutile et glauque ?
      Et être différent ça veut dire qu’on n’est pas égaux ?

      Globalement tu viens juste de ressortir exactement toute l’argumentation rejetée dans ce post. Et elle est totalement à côté de la plaque.

      Donner systématiquement la garde de l’enfant à la mère, c’est de l’anti-féminisme : ça veut dire qu’on considère systématiquement la femme comme une mère et qu’on l’enferme dans un rôle, alors que l’homme est avant tout un travailleur, une personne indépendante, et qu’il n’a pas la compétence pour élever un enfant. Mais après tout, puisque tu considères les hommes et les femmes comme différents, peut-être que tu es d’accord sur le fait qu’ils n’ont pas les mêmes compétences ?
      Tu te contredis toi-même, en partant sur un postulat de différence homme/femme puis en réclamant une égalité de traitement.

      Idem pour les hommes battus (les hommes victimes en général, les hommes violés sont aussi touchés par se problème) : parce que le patriarcat insiste sur une supposée "virilité" de l’homme, celui qui serait victime de violence ne serait qu’une chochotte incapable de se défendre et qui ne mériterait pas qu’on s’en occupe.

      Parce que je suis féministe, et que par conséquent je rejette tout stéréotype lié au genre, que je pense que nous sommes égaux et identiques (à l’exception de quelques détails physiques évidents), je me bas à la fois pour faire sauter les carcans de la "féminité" et de la "virilité".

      Le féminisme, c’est se battre pour la liberté de tous d’être ce que l’on veut !

      Après, la connerie étant ce qu’il y a de mieux répartie, évidemment que certaines féministes sont des connasses. Mais vu le nombre de connards machos en circulation, les mecs sont pas bien placés pour nous donner des leçons ! ;)

    • Bohémond says :

      @ Nicolas ?

      C’est une blague, ton commentaire ?
      Zéro réflexion, chapelet masculiniste, pathétique.

      Le meilleur étant "Pour ma part, je ne suis pas pour l’égalité". J’ai envie de te répondre (et je suis un homme) : comme tous les dominants.

      Et puis, tu sais tes petites leçons sur ce pour quoi les féministes devraient se battre, elles s’en foutent, elles n’ont besoin ni de ton autorisation, ni de tes conseils de bonzom éclairé.

      La seule phrase sensée de ton com est la dernière…

      • psychosophe says :

        Je pense que le post de Nicolas a été mal compris et a été attaqué sur de mauvaises bases.

        Par exemple, quand il dit : «Pour ma part, je ne suis pas pour l’égalité». Je pense qu’il veut dire qu’il est pour l’égalité des droits, mais pas pour l’égalité des personnes. Ça veut dire qu’autant l’inégalité de rémunération est un bon combat, autant se focaliser sur : il n’y a que x% de filles dans ce métier, c’est souvent du crétinisme. Parce qu’on ne s’intéresse pas au fait que les filles soient moins poussées à faire certaines études. On ne dit pas : «femme, tu es libre de choisir ce qui te plait», on incite juste à remplir des métiers pour arriver au 50/50. Comme si on partait du postulat qu’il FALLAIT que partout, on ait autant d’hommes que de femmes, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune différence. Et là, tout le monde va y perdre. Par exemple, je trouve que c’est assez idiot d’avoir supprimé le mademoiselle au motif que cela définit une femme par son statut marital. Mondamoiseau est tombé en désuétude, du coup on devrait supprimer son équivalent féminin? C’est un peu comme les noms de famille, la mère portait l’enfant, le père transmettait le nom, ça donnait un certain équilibre à la construction.

        D’ailleurs, étant plus jeune, j’ai vu des affiches : «prix de la recherche féminine» pour inciter les filles à aller en S. Mais pas de «prix littéraire masculin» pour inciter les garçons à aller en L. Parfois, il y a des domaines où les rapports de force sont inversés, et le combat féministe serait plus crédible s’il dénonçait également cela et c’est rarement le cas. Je pense que c’est ce que Nicolas a voulu dire.

        «Et puis, tu sais tes petites leçons sur ce pour quoi les féministes devraient se battre, elles s’en foutent, elles n’ont besoin ni de ton autorisation, ni de tes conseils de bonzom éclairé.»

        Merveilleuse illustration de sa critique. Quelle réponse condescendante! Et qui l’est surtout parce qu’il est un homme. Nicolas aurait été Nicolette ne se serait pas fait casser autant de sucre sur le dos. J’ai vu souvent cela sur des sites féministes, ou une femme était un individu à part entière, et un homme… et bien ce n’était qu’un odieux suppôt du patriarcat. À trop vouloir politiser les choses, on tombe vite dans le sexisme.

    • Bohémond says :

      "retour de la misandrie dans nos société".
      J’ai ri.

    • Stephanopoli says :

      Ce billet m’a beaucoup fait rire, j’ai 42 ans, de pere et de mere feministes, j’ai toujours été féministe, c’est à dire pour la defense d’une minorité, et effectivement, cela implique des réactions plus ou moins violentes, toujours méfiantes… En revanche, je ne suis pas d’accord avec le commentaire précédent, et je souhaiterais attirer l’attention des féministes justement sur l’important recul des droits des femmes en ce moment dans le cadre des violences conjugales et des divorces issus de violences conjugales. Contrairement à ce que nous dit le dernier commentaire, dans le cas des divorces pour violences conjugales, c’est le plus souvent le conjoint violent (majoritairement l’homme) qui obtient soit la garde totale des enfants, soit impose une garde alternée qui lui permet de conserver à perpétuité sa victime à portée d’emprise, de coups et d’insultes… Le cauchemar de la victime continue au grand jour et en toute impunité. Le droit des femmes, decredibilisees lorsqu’elles sont victimes de violences (elles "osent" porter plainte, c’est un scandale, une agression…), est en recul dans ce domaine et le terrain associatif identifie des situations d’une violence patriarcale et sexiste inouïe en ce domaine, sous couvert d’une fausse égalité idéologique…

    • Marianne says :

      Cher Nicolas,

      Je suis très étonnée par cette réponse qui m’apparaît finalement assez naïve.

      Les femmes représentent la moitié de l’humanité et c’est une condition dont on hérite par la naissance sans choix. Ce qui se décide en revanche, c’est la manière de vivre ce monde genré, de lutter contre les préjugés tenaces et de refuser les conditionnements révoltants.
      De fait, par notre sexe, on devient solidaire de toutes les autres femmes, autant avec les dindes qui lisent biba en y trouvant une satisfaction intellectuelle, que des bourges catholiques de provinces qui masterisent la caricature en pondant à la chaîne, et que des quinquas qui s’habillent en panthère ou autre cliché désabusé.Il y a tout autant de franges différentes dans la moitié de l’espère humaine qu’il peut en avoir dans l’autre, et attendre que les femmes adoptent dans une cohérence absolue la même manière de revendiquer leur liberté me semble très simpliste. On laisse vociférer Zemmour et si des ersatz au féminin donnent de la voix, on catégorise toutes celles qui militent – même discrètement – dans des positions excessives indéfendables.

      Ce n’est pas le féminisme qui est glauque, c’est de devoir au quotidien être considérée en fonction de son sexe. Le féminisme est une manière de vivre, en refusant ce qui apparaît comme flagrant et inacceptable, en somme c’est tout à fait se battre pour tout le monde, pour que chacun vive ensemble et dans le respect. Cela concerne autant les hommes que les femmes.
      Celles qui revendiquent l’égalité n’ont pas de comptes à régler avec les hommes ni d’aspiration à une prise de pouvoir sur eux. La question est davantage pourquoi cette question peut elle fournir une réponse violente envisageant d’emblée un machisme à l’envers pour toutes celles qui affirment ne pas être d’accord.

      Rappeler que les problèmes qui se présentent aux femmes peuvent tout autant arriver aux hommes est une évidence, nier la disproportion de la répartition des violences faites envers elles plutôt qu’envers eux est en revanche malhonnête.
      Les féministes doivent-elles s’emparer du combat pour l’égalité du partage des gardes des enfants en cas de conflit ? La limite du féminisme est là où la citoyenneté n’est plus garante de l’exigence de l’égalité, et en pratique, c’est tout simplement incontestable que les discriminations sont majoritairement à sens unique. Une institution travaille sur ces problématiques et propose une consultation libre de ses ressources en ligne : le Centre Hubertine Auclerc. On ne peut pas résumer la situation des femmes par rapport à celles des hommes en se targuant d’une simple différence. Etre une femme c’est démarrer sa vie en devant échapper aux statistiques qui cantonnent les autres, en sachant être de fait que l’on sera davantage contrainte à des emplois précaires, et se savoir en majorité moins payée qu’un homme à compétence équivalence. Mais c’est surtout attendre dans sa vie personnelle de lutter contre la réelle différence de partage des tâches à la maison et de ne pas participer même inconsciemment au conditionnement véhiculer par de multiples formes dans cette société.
      Evidemment, il est nécessaire de lutter contre toutes les formes de sexisme, pouvoir croire que celles-ci ne sont pas quasiment systématiquement seulement dans un sens c’est illusoire.

      Bonne lecture des chiffres d’Hubertine, ils ne laissent aucun doute sur la réalité concrète et ne peuvent que faire réviser cette position rigide allergique aux combats de celles qui n’aspirent qu’à lutter contre ces discriminations.

    • sainkho says :

      euh… le pb vois tu c’est que c’"est faux : la réalité reste que les hommes ne demandant pas la garde principale de leurs enfants… quand ils la demandent ils l’obtiennent plus de la moitié des cas… renseigne toi avant de dire n’importe quoi…

    • MoeaOrchidea says :

      En tant que militante féministe,je peux te dire que tu n’as pas bien chercher,car l’association Mix-Cité prône le partenariat femme-homme pour changer les choses,toutes ne sont pas extrémistes.L’égalité ce fait à partir de toutes les volontés féminines et masculines.

  7. Néo says :

    Je suis en désaccord avec certains propos de Nicolas et ne souhaite pas être amalgamé avec ce genre réflexion. En effet il pense dénoncer un certain militantisme ciblé et exclusif pour des situations que subissent les femmes en les accusant d’ in-équité et il se cache derrière des pseudos situations qu’il veut faire croire comme répandu et qui sont dans les faits anecdotiques.

    Le féminisme n’est certes pas parfait et on peut trouver à redire sur certaines pratiques mais pour atteindre la perfection, il faut d’abord le revendiquer et le pratiquer.

    Pour ma part j’ai trouvé cet article vraiment excellent !!!!
    Je trouve que l’écrivaine a une plume de ouf et un style de rhétorique cinglant a coupé le souffle. Cela en remettrait plus d’un à leur place et cela me fais mourir de rire tellement certaines situations sont criantes de vérité !!!!!!

  8. Canard-en-plastique says :

    Hum…
    Passer autant de temps pour expliquer dans quelles mesures les féministes peuvent se faire injustement invectiver, briser tous ces stéréotypes qui vous collent aux jupons pour finalement oublier de définir cette « nouvelle vision du féminisme », quel dommage !

    T’imagines-tu en Jane Austen du 21ème siècle ? Observes-tu au jour le jour, la gente féminine courber du corset (de gré ou de force) devant l’impérialisme masculin ? Peut-être vis-tu dans une autre société que la mienne dans laquelle les femmes n’ont ni voix pour se faire entendre, ni le choix de leur propre vie. Tu passerais alors tes journées à rêver de rixes à l’épée et d’aventures périlleuses, fantasmant le jour où tu pourrais enfin monter à cheval sans l’autorisation de ton cher et tendre…

    Naaaaaaan soyons sérieux… Dessaoulons un petit peu, un grand bol d’Alka Seltzer et ouvrons ce petit Larousse qui prend la poussière depuis l’arrivée de Wikipedia.

    FÉMINISME, subst. fém.
    Mouvement social qui a pour objet l’émancipation de la femme, l’extension de ses droits en vue d’égaliser son statut avec celui de l’homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique; doctrine, idéologie correspondante.

    Je pense qu’il faut en avoir une certaine paire sous le tampax pour clamer haut et fort « La femme moderne doit s’émanciper ! Nous n’avons pas les mêmes droits que les hommes et idéologiquement parlant, les femmes sont maltraitées… ».
    Petite mise à jour, la société ne vous boude pas, elle vous adore ! Elle fait attention à vos besoins (tout comme aux notre, là n’est pas le débat…), à vos envies et vos considérations.

    Maintenant se sentir piéger par son genre ce n’est pas la même chose. Nous sommes tous logés à la même enseigne… Tu te sens lever le poing parce que le monde qui t’entoure te met la pression pour que tu sois douce, que tu lises Grazzia et que tu fasses attention à ne pas dégorger du gosier parce qu’une demoiselle ne rote pas ?! Bienvenu au club Darling, nous avons les mêmes comptes à rendre seul le patron change (De monsieur virilité ou Madame Féminité lequel est le plus exigent, ceci n’est pas la question et aucun de nous ne peut daigner pointer le bout d’une réponse).
    Mais ça bichette… ce n’est PAS du féminisme.

    • Daria says :

      Je pense qu’Eve et moi vivons toutes les deux dans une société où une femme meurs tous les trois jours sur les coups de son compagnon, où on est payé 23% de moins à compétence égale, où le droit à l’avortement recule, où seuls 10% des viols donnent lieu à une plainte.

      Est-ce qu’on a les mêmes droits que les hommes ? Presque, mais y a encore un peu de boulot. Est-ce qu’on est maltraitées idéologiquement ? Carrément !

      Pour ce qui est de devoir se soumettre à la féminité ou à la virilité, c’est un des fondements du féminisme. Je te conseille à ce sujet la lecture du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, une des Bible du féminismes, dont c’est le sujet principal, et qui explique la chose bien mieux que je ne saurais le faire. :)

      • Canard-en-plastique says :

        En temps normal, une définition du dico met tout le monde d’accord…

        Le féminisme n’a aucun rapport avec le fait de vouloir sortir de son genre. Si c’est votre combat c’est un combat personnel, ne vous réfugiez pas derrière une grande cause qui n’est pas la votre. Vous pouvez aussi vous battre contre la pression sociale qui nous pousse à être polis et hypocrites, qui fait passer les chômeurs pour des glandeurs ou qui nous force à garder nos maisons propres…

        De la même façon, le fait qu’un femme puisse être victime d’une agression sexuelle s’éloigne quand même pas mal du combat de base des féministes. C’est le triste constat d’un comportement déviant dans la sexualité de certains hommes mais de là à dire que les viols sont une façon de soumettre le genre féminin, faut pas pousser (Ou le raquette des petits boutonneux à lunettes est un acte politique contre les porteurs de lunettes ou c’est juste un signe que certaines brutes interprètent comme de la faiblesse). Quand au droit à l’avortement, il dépasse de très loin le simple combat de genre, c’est un débat éthique (plus de la moitié des lobbyings œuvrant contre l’avortement sont gérés par des femmes !). Dans tout ce que tu as dit, seule l’inégalité salariale est un point qui mérite d’apparaître dans le débat. Est-ce que ça justifie un mouvement social ? Oui. Est ce que ça nous permet de dire que la femme est une victime soumise au despotisme masculin ? De remettre en cause l’intégralité de votre place dans la société ? J’aurais tendance à dire non…

        Il y a une presse féminine, des chaînes de télé féminines, des magasins féminins et des chefs d’entreprise féminins. Un homme qui reste au foyer s’occuper d’un enfant n’a plus rien de choquant et une femme qui meurt célibataire à 80 ans, sans jamais avoir été marié n’a plus rien d’une fille de mauvaise vie. Certain corps de métiers vous sont réservés (sans que l’on ai à lever les armes), d’autres le sont pour nous.

        S’il vous plait… Rendez-vous service… Retournez au siècle dernier (Simone de Beauvoir est née en 1908 bordel !) mais laissez-nous vivre en paix de celui-ci !

      • Daria says :

        Je crois qu’il n’y a rien à répondre à ton premier paragraphe, qui traduit surtout ton manque de connaissances sur les combats féministes de ces 300 dernières années.

        Le fait qu’une femme puisse être victime de viol n’est effectivement pas toujours un indicateur de l’oppression féminine, quoique… Si une part de ces violences sont commises par des déséquilibrés qui passeraient à l’acte de toute façon, les autres peuvent aussi être le symptôme d’une vision déformée de la femme (l’idée que la fille facile est toujours d’accord, par ex). Mais passons.
        Ce que je soulignais dans le commentaire précédent, c’est la pression qui s’exerce encore face aux victimes pour qu’elles ne portent pas plainte (le fameux "roh, mais tu l’aurais pas cherché des fois ?"), et c’est un combat féministe de rappeler que la femme n’est pas naturellement une salope, responsable des violences sexuelles qu’on peut lui infliger.

        Je ne comprends pas vraiment tes arguments sur l’avortement : ce n’est pas parce que des lobbys anti-avortement sont menés par des femmes qui ça les dédouane d’être anti-féministes ! Refuser aux femmes le droit d’utiliser leur utérus comme elles veulent, c’est anti-féministe, je vois pas comment on peut le contester.

        Si autour de toi un homme au foyer ne fait plus jaser, si les femmes peuvent avoir une vie sexuelle libre et vieillir sans enfant, tant mieux, ça veut dire que tu vis dans une classe sociale ouverte et tolérante (je suppose classe moyenne supérieure), et c’est super (ce n’est pas ironique). Je bénéficie aussi de cette liberté et j’en suis heureuse.
        Malheureusement, ça ne concerne pas la majorité de la France. J’ai des contre-exemples sous les yeux en permanence et c’est pour eux qu’ils faut se battre.

        Je trouve ton dernier argument un peu mesquin. Déjà parce que 100 ans à l’échelle humaine ce n’est rien du tout, et que si l’ancienneté d’un texte l’empêchait d’être juste et intéressant, pourquoi enseigne-t-on encore Galilée, Pythagore, Kant et Platon ?

      • saraaa says :

        Merci pour ce commentaire plein de bon sens et d’intelligence! :)

    • Nenouko says :

      "Hum…
      Passer autant de temps pour expliquer dans quelles mesures les féministes peuvent se faire injustement invectiver, briser tous ces stéréotypes qui vous collent aux jupons pour finalement oublier de définir cette « nouvelle vision du féminisme », quel dommage ! [...] Mais ça bichette… ce n’est PAS du féminisme."

      Même reproche dans ce cas ; qu’est-ce donc que le féminisme, ô grand sage en plastique?

      Je pense que comme la majorité des gens qui critiquent de manière assez virulente le féminisme, un peu de lecture supplémentaire ne serait pas du luxe. As-tu déjà entendu parler de la violence symbolique notamment théorisée par Bourdieu par exemple, dans son ouvrage "La domination masculine"? T’es-tu déjà tout simplement donné la peine d’ouvrir le moindre livre concernant l’histoire du féminisme? Dans ce cas, je ne t’apprendrai rien en ajoutant que le féminisme – comme tout système de pensée – est composé de multiples courants différents, concernant plusieurs domaines de la vie de tout un chacun, car ce ne sera jamais trop rappelé, le féminisme lutte comme cela a été dit pour plus de liberté à la fois pour les femmes et pour les hommes. Mais ce qui lie tous ces mouvements est la volonté de sortir d’une oppression de genre qui effectivement touche plus fortement les femmes que les hommes. C’est par exemple pour cela qu’en Chine et en Inde (comme ailleurs aussi), on assiste encore à des exécutions massives de bébés filles, pensées comme un poids alors que les bébés garçons sont perçus comme une bénédiction. Amartya Sen a ainsi signalé dès le début des années 1990 qu’il manquait environ 100 millions de femmes dans le monde, du fait de ce triste phénomène.

      Si tu connais un peu l’anthropologie, tu sais déjà que rares sont les invariants universels (c’est-à-dire les grands traits culturels communs que l’on retrouve partout dans le monde) ; au nombre de ceux-ci figure l’assertion suivante : le masculin est pensé comme supérieur au féminin (cf les travaux de Françoise Héritier notamment avec sa valence différentielle des sexes).
      C’est pour cette raison que même dans les domaines étiquetés comme féminins, par exemple la cuisine, la couture, etc., les grands maîtres sont toujours en grande majorité des hommes ; là où la femme effectue son "devoir", l’homme transcende la pratique pour l’élever à un niveau digne de l’art.

      Le féminisme a ainsi pour but principal de remédier à cet état de fait, dans tous les domaines de la vie. Il ne s’agit pas d’essayer de renverser la balance et de donner le pouvoir aux femmes, comme certains ont pu le dire (cf cet abruti de Zemmour entre autres), mais bien de tendre à des sociétés plus justes, au sein desquelles chacun ne sera pas "trié" en fonction de ce qu’il a entre les jambes.
      Selon moi, ceci passe avant tout par la nécessité de repenser nos représentations communes quant au masculin et au féminin.
      Ainsi, au lieu de nous renvoyer à nos "jupons" ou autre subtil élément de ton langage fleuri, je t’invite à lire, et à produire des critiques intellectuellement intéressantes, et non pas seulement à critiquer pour critiquer, en utilisant un langage rabaissant.

      P.S. : "Petite mise à jour, la société ne vous boude pas, elle vous adore ! Elle fait attention à vos besoins (tout comme aux notre, là n’est pas le débat…), à vos envies et vos considérations."
      Nouvelle petite mise à jour de toute évidence nécessaire : "Les femmes des sociétés industrielles et postindustrielles sont payées, à compétences et travail égaux, 20 à 25% de moins que leurs collègues masculins. Elles représentent près de 80% des travailleurs précaires à temps partiels. Elles produisent les deux tiers des richesses dans le monde et constituent les deux tiers des analphabètes. Parmi les humains les plus pauvres, 70% sont des femmes. Elles possèdent 1% des terres de la planète. Elles et leurs enfants forment 80% des réfugiés, tous pays confondus. Près d’un million d’entre elles meurt chaque année en accouchant ou en avortant. Elles subissent la très grande majorité des violences exercées dans le monde. Viols, meurtres et mutilations sexuelles les placent en tête de cette sinistre énumération." M.J. Bertini, "Femmes. Le pouvoir impossible", 2002, p.40-41.
      2002 est-elle assez proche de toi dans le temps pour que tu trouves cela crédible?

  9. Remicou says :

    Tu dis des conneries, il n’y a pas de sorcières au Mordor…

  10. Flore says :

    C’est dingue ça j’ai l’impression de voir et revoir toujours les mêmes choses (dans les commentaires). C’est les arguments tout pourris qui ressorte. J’ai les yeux ouvert sur la situation actuelle et je comprend pas pourquoi il y a toujours des gents qui usent leur énergie à balancer des arguments tout bidon et des exemples sur le féminisme qui n’en sont pas ou qui sont anecdotiques.

  11. Canard-en-plastique says :

    Les grandes règles de mathématique ne changent pas en 100 ans, les comportements humains si…
    J’avoue avoir beaucoup de mal à comprendre où vous placez le curseur sur ce qu’il est légitime d’appeler un combat féministe ou non. Je penses juste que la pression sociale qui tend à nous faire agir de telle ou telle manière transcende la notion de genre. Je comprends une femme qui se dit féministe parce qu’elle refuse d’être considérée "inférieur" à un homme (intellectuellement, professionnellement…). Je comprends moins (voir pas du tout) la féministe qui dit se battre contre la notion que la société se fait de la féminité. C’est une chose de vouloir casser l’image du "femme = sexe faible", s’en est une autre de vouloir dire "la féminité ce n’est pas ce que vous en avez décidé" surtout que l’on rentre dans le champs du subjectif (je ne suis pas sûr que l’ensemble des femmes se mettent seulement d’accord sur ce que cela implique d’être une femme…).
    Le problème de l’avortement surf sur cette même ambiguïté. Toi et moi considérons que c’est un droit immuable de la femme que de décider et de maîtriser sa capacité à donner la vie. Là où le bât blesse c’est lorsque tu dis "c’est anti-féministe". Si dans l’ensemble de la gente féminine la moitié considère que le refus d’avorter est un devoir de femme, qui a raison ? Qui peut définir ce qui est féministe de ce qui ne l’est pas si ce n’est l’ensemble des femmes elles même ?

    La lecture m’a donné l’impression que le féminisme devenait une sorte de fourre tout où chacun peut mettre un peu ce qu’il veut. Il y a une véritable base commune "s’assurer que les femmes ne soient pas rabaissées juste parce qu’elles sont femmes. Leurs permettre de bénéficier des même droits et "privilèges" qu’un homme". Pour le reste ça ressemble beaucoup à mes yeux à une minorité qui tente de redéfinir un genre tout entier qui se définit par lui même (ce que la société "attend" d’une femme a plus qu’énormément évolué en 100 ans.).

    Enfin si une minorité de machos se permettent d’avoir une vision archaïque de la femme, cela ne veut pas dire que la femme est en mauvaise position mais plutôt que les relous sont en voie d’extinction.
    Be Happy !

  12. Ronan says :

    Chouette billet mais je trouve dommage le passage ou tu t’efforces de ne pas hausser le ton face à un mec qui te coupe la parole et devient agressif, et n’a en toute logique aucune chance de miraculeusement devenir féministe à la fin de la conversation. A mon sens inutile de te frustrer à essayer de t’adapter à ses préjugés. Tu défends quelque chose d’élémentaire, fondamental, tu ne vends pas des bonbons. Je préconiserais l’évitement de ce genre de rigolos, ou bien un combo "verre de bière dans les yeux / coup de chaise dans les gencives", et basta. Enfin j’en sais rien, ça ne me viendrait pas à l’idée, face à un raciste, d’édulcorer mes propos en me disant "sapristi, si je m’énerve il va encore avoir une mauvaise opinion des gens dotés d’un cerveau".

  13. Eve says :

    Quelqu’un a écrit ça en réponse http://the-lovecoop.tumblr.com/post/25572907521/la-taille-du-feminisme-compte et c’est très cool comme témoignage, merci :)

  14. Jack Spirou says :

    J’aime cet article parce que, malgré que je n’ai pas l’impression d’être particulièrement misogyne (maman féministe et les trois quarts des amis filles, mais ça n’empêche pas tu me diras… Si je lis Causette ça compte?), il m’a fait réaliser qu’on a parfois de bon gros préjugés sur tout ce petit monde sans s’en rendre compte (le simple terme féministe qui évoque quelque chose d’hostile, je comprends tout à fait cette réaction), et qu’il est difficile de s’en débarrasser. Merci!
    Et en plus t’as bien raison: plus tu t’énerves contre ces gens-là plus tu les confortent dans leur opinion que le féminisme est un truc hostile!

  15. leblogdalexa says :

    Si les féministes ont mauvaise réputation, je pense que cela est dû également au mot "féministe" lui-même. Le suffixe substantif "iste" sert à former un nom correspond à un métier, à un adepte d’une activité, d’une idéologie ou d’une théorie.
    Ainsi littéralement un féministe est un adepte de la féminité ou du féminin. Il me semble que cela est inexact et donne le sentiment de supériorité du féminin sur la masculinité. Or comme cela a bien été expliqué dans l’article, une personne qui appartient à ce courant ne souhaite que l’égalité entre les genres.

  16. Powlyn says :

    Quel kiffe de se dire que finalement toutes les féministes vivent à peu près la même chose… Ce mélange de déception et d’appréhension immense quand tu réalises que la conversation va dériver vers le féminisme et que, vu le niveau de féminisme de tes interlocuteurs sur l’échelle d’Olympe de Gouges, tu n’auras même pas réussi à leur démontrer que, quand même, c’est un petit peu abusé les panoplies d’agent de surface dans le rayon jouets des petites filles, avant de devoir partir prendre le dernier métro…

  17. Vivi says :

    Solidarité !!! J’ai beaucoup ri et me suis intimement reconnue dans tes lignes.

    D’autant que j’ai l’honneur d’être celle que tu cites au travers du site "jesuisfeministe.com".

    Quelle fierté d’intégrer un si bon article. Ta plume est aiguisée à souhait et j’espère que tu me feras l’honneur de venir sur mon site, qui espère un jour atteindre ton niveau et ta popularité :)

    Ton site, c’est un shoot de bonheur !

    Merci !

  18. Djuba says :

    "[...] j’ai en général le sentiment d’être une sorcière débarquée tout droit du Mordor dans le but d’encourager les femmes à quitter leur copain/mari, assassiner leurs enfants, devenir lesbiennes et renverser le capitalisme."

    Dommage, j’aurais aimé vous compter parmis celles et ceux qui veulent renverser le capitalisme. Apparamment, vous semblez faire partie des gens qui se sentent perpétuellement obligés d’accoler à toute déclaration vaguement revendicatrice en matière de justice sociale le très célèbre : « Je ne suis pas communiste ni rien, mais… ».

  19. Thibault says :

    Très bon article, et très bon blog, merci!

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